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Trois questions à une sexologue (que l’on n’a jamais osé poser) autour du fantasme

Est-ce normal de fantasmer sur les femmes alors qu’on est hétérosexuelle ?

Dre Catherine Solano : Eh bien oui, c’est normal et même banal. Les fantasmes ne sont pas forcément des envies de réaliser un fantasme dans la vie réelle, mais des pensées, paroles ou films intérieurs excitants. C’est pourquoi on peut être hétérosexuel et avoir des fantasmes homosexuels. On sait d’ailleurs que les personnes homosexuelles, hommes ou femmes, peuvent avoir des fantasmes hétérosexuels. Donc, en matière de fantasmes, le catalogue de possibilités est très large, et l’on peut donc ressentir comme excitant quelque chose que l’on n’a pas spécialement envie de réaliser.

Sans fantasme quand je suis seul, je n’obtiens pas d’éjaculation. Est-ce que ce sera un problème quand j’aurai un ou une partenaire ?

Ce fonctionnement ne devrait pas vous poser de problème. En effet, pour déclencher l’éjaculation, la plupart des hommes font appel à ce que l’on appelle un fantasme éjaculatoire, permettant de faire monter l’excitation d’un cran pour provoquer le déclic entraînant l’éjaculation. Ce fantasme peut au contraire vous être très utile : lors d’une relation sexuelle de couple, il peut vous aider à ralentir votre éjaculation (en évitant de l’appeler dans vos pensées) ou, à l’inverse, vous permettre de décider du moment de votre éjaculation (en convoquant ce fantasme dans vos pensées). C’est quelque chose que nous, sexologues, apprenons aux hommes pour les aider à mieux contrôler leur éjaculation.

Un souci tout de même : si vous visionnez seul de la pornographie comme support, sachez qu’elle fixe davantage les images que l’imagination. Le déclenchement de vos éjaculations pourrait devenir dépendant de ces images vidéo, donc impossible à obtenir sans images pornographiques, ce qui pourrait se révéler gênant en couple.

Est-il normal de ne pas avoir de fantasmes ?

Quand on n’a pas de fantasme, c’est le plus souvent qu’ils sont empêchés de survenir, et non parce que notre cerveau est incapable de les activer. Ainsi, il existe des situations médicales où les fantasmes sont bloqués :

  • Lors de traitements inhibant la libido, par exemple avec les antihormones (en cas de cancer du sein ou de la prostate, entre autres) ;
  • Lors d’une dépression ;
  • Lors de très grande fatigue (burn-out, charge mentale excessive, maladie infectieuse ou chronique) ;
  • Dans les mois qui suivent l’accouchement.

Sinon tout le monde a des fantasmes. Pour ceux qui pensent ne jamais fantasmer, il existe plusieurs cas de figure :

  • Leurs fantasmes sont bloqués par des pensées négatives : peur de la sexualité, dégoût de la sexualité, idée que la sexualité est malsaine (souvent liée à l’éducation) ;
  • Les fantasmes sont bloqués par des expériences négatives : douleurs pendant les relations sexuelles, relations amoureuses difficiles, histoire d’agression sexuelle, mycoses à répétition…

Certaines personnes fantasment aussi d’une manière tellement naturelle qu’elles ne réalisent pas qu’il s’agit de fantasmes. Nous entendons tant parler de fantasmes bizarres que ce qui est naturel peut paraître insignifiant. Un exemple : quand un amoureux a rendez-vous avec sa belle, il peut fantasmer sur ce qu’ils pourront faire ensemble. Ces pensées érotiques sont déjà des fantasmes. On peut aussi fantasmer après sur un souvenir érotique. C’est bien loin de l’imagerie des fantasmes les plus étonnants !

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